Partager l'article ! Mon chemin - Comment ma vie a basculé : de policier à thérapeute: Bonjour à toutes et à tous, Le 21 décembre 200 ...
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Bonjour à toutes et à tous,
Le 21 décembre 2009, j’ai publié sur ce blog, la première partie de mon chemin : de 1956 à mai 2007. http://www.lescheminsdelenergie.com/article-mon-chemin-premiere-partie-de-1956-a-mai-2007-41603244.html
Maintenant je suis prêt à écrire la suite, avec sérénité, sans colère et sans haine. Maintenant je suis prêt à narrer
comment, d’inspecteur principal de police judiciaire belge et ancien gendarme, je me suis retrouvé à pointer au chômage, après trente ans de carrière et cinq ans avant la retraite. Je suis prêt à
expliquer comment ma vie a basculé. Je le fais en hommage à tous ceux qui se sont suicidés parce qu’ils ne savaient pas comment sortir de cette difficile situation qu’est le harcèlement moral sur
le lieu du travail. Moi, j’ai affronté la hiérarchie de la police judiciaire fédérale belge. C’était le pot de terre contre le pot de fer. Mes plaies commencent à cicatriser.
Vous qui lisez cet article et qui êtes victime d’une quelconque forme de harcèlement, j’aimerais vous dire que derrière
le mur, il y a la Lumière. TOUJOURS.
Once upon a time…. Il était une fois :
Le mardi 27 décembre 1977, je suis entré à l’école de Sous-Officiers de la Gendarmerie belge, antenne de Liège (Vottem)
pour y suivre une formation d’un an en internat. J’avais 21 ans, je travaillais comme réassortisseur et clarckiste dans un agasin de la région de Liège, un tout petit diplôme de rien du tout et
pas d’avenir professionnel particulier. Mon grand-père avait été gendarme et depuis mon enfance, ce métier me fascinait, alors je me suis engagé.
Au lieu de 12 mois d’école, j’en ai presté 15 car je ne savais pas étudier et je n’étais pas doué pour le sport. En
avril 1979, j’ai été nommé Maréchal des Logis (sergent) et j’ai été muté à la Légion Mobile à Bruxelles, l’équivalent des CRS en France. Pendant un peu plus d’un an, j’ai eu l’occasion d’oublier
tout ce que j’avais appris à l’école. Ma carrière a réellement commencé en juin 1980 lorsque j’ai été muté dans une usine qui tournait 24/24 hrs : la brigade de Gendarmerie de Bruxelles. L’école
de la rue.
J’ai travaillé 10 ans en uniforme et le reste, en civil dans des unités de recherches de la Gendarmerie belge. Pendant
20 ans de travail de recherches, j’ai travaillé dans divers domaines : les Stups, les trafics de véhicules, la traite des êtres humains, le blanchiment d’argent, le terrorisme mais le travail qui
m’a le plus passionné, c’est quand j’étais au grand banditisme à Seraing, dans la banlieue de Liège.
Aussi loin que je me souvienne, quand j’étais gendarme, j’ai toujours eu des heurts avec la hiérarchie : je n’aime pas
l’hypocrisie, la bêtise, l’injustice, la méchanceté et surtout, la mesquinerie. Je n’étais pas fait pour évoluer dans un système qui permet à des ignares d’exister, exclusivement, par le pouvoir
que leur confère leur grade et leur fonction mais, à l’époque, je ne savais rien faire d’autre que le gendarme donc il fallait plier.
C’est en juin 1999 que ma vie a basculé et m’a amené à être licencié le 15 mai 2007. C’est à cette époque également que
j’ai fait ma première NDE.
En juin 1999 je travaillais à la BSR de Huy, petite ville de province située entre Liège et Namur et traversée par la
Meuse. Le travail y était agréable, calme et varié tandis que les relations avec la hiérarchie étaient très houleuses, pour ne pas dire médiocres. Dégoûtés de prendre des initiatives et de se
faire rabrouer, mes collègues avaient adopté des horaires de fonctionnaires et non de flics. Ca me changeait du grand banditisme mais j’ai rapidement trouvé de quoi m’occuper mais en free-lance
car mes collègues avaient pris goût aux horaires de fonctionnaires.
A cette époque, au niveau de ma vie privée, j’étais responsable de diverses associations artistiques, festives et
touristiques de la région. J’étais également artiste-peintre, photographe et sculpteur. Je participais à des expositions ou j’en organisais. Une ou deux fois par mois, j’étais cité dans des
quotidiens locaux pour diverses manifestations que je co-organisais. De temps à autre, je participais à des émissions de radio ou j’étais interviewé par une chaine de TV locale.
Après un certain temps, toutes ces activités et cette notoriété locale ont commencé à susciter la jalousie de mes
collègues et surtout, de la hiérar…chie. Mais je n’y prêtais pas garde. Je ne voyais pas ce que l’on aurait pu faire contre moi. Le travail est une chose, la vie privée en est une autre,
croyais-je. Je n’ai rien vu venir et pourtant ça a été le début de la fin de ma carrière de flic. A la mi-juin 1999, j’ai été accusé de deux faits judiciaires auxquels j’étais totalement étranger
– tout le monde le savait mais je gênais – et j’ai été immédiatement relevé de mes fonctions. Le lendemain, chez moi, j’ai fait ma première attaque de panique et je suis resté dans un état
semi-comateux pendant trois jours. Le tout suivi de 14 mois de dépression nerveuse.
La montagne a accouché d’une souris : un mois après ma mise à pied, soit fin juillet 1999, les enquêtes à ma charge
étaient bouclées et j’étais totalement disculpé mais je n’ai été réintégré dans mes fonctions qu’en novembre 2000. Bien qu’innocenté, j’ai été prié d’aller travailler ailleurs. J’ai choisi une
petite ville touristique à 40 km de chez moi : Marche-en-Famenne.
En janvier 2001, les unités de recherches de la Gendarmerie ont été fusionnées à la Police Judiciaire afin qu’il n’y
ait plus qu’un seul service de recherches par arrondissement judiciaire en Belgique. En mars 2001, un directeur a été nommé à Marche, il s’agissait d’un ancien officier de Gendarmerie que je
connaissais très bien et qui est très ami avec mon ancienne hiérarchie de Huy. Résultat : j’ai été mis au placard, à la section financière, dans les combles du palais de justice.
J’ai travaillé seul dans un bureau pendant 5 ans. Il y avait des jours où je ne parlais à personne et où je ne voyais
personne. Au début, je ne comprenais pas le travail que l’on me demandait de faire et puis, j’ai appris. J’ai suivi des cours de comptabilité et diverses formations financières. Je suis devenu
performant dans cette matière mais je travaillais seul, sans coéquipier. Pendant deux ans, quelques jours par semaines, j’ai eu à supporter en face de moi, un collègue qui fumait cigarette sur
cigarette dans mon bureau et lorsque je lui demandais d’aller fumer ailleurs, il me répondait que je pouvais aller respirer ailleurs si je le désirais. Ambiance. Tellement j’étais stressé, un
jour, je lui ai lancé une tasse de café au visage et ensuite, j’ai fait une syncope. Le tout dans l’indifférence générale. On était cinq à la section financière. Cinq punis qui tournaient dans un
bocal à longueur de journée. Dans cet univers, c’était chacun pour soi. Et puis, il y avait ce directeur qui m’en voulait toujours pour les histoires de Huy en 1999 et qui continuait à me
harceler.
Le samedi 20 juillet 2002, ma maison a brûlé. La hiérarchie m’a laissé en paix le temps de la remettre en état mais au
début de l’année 2003, le harcèlement a repris en force. Tout ce qui se passait au travail avait de sérieuses répercussions sur ma vie privée et mon ménage battait (encore un peu plus) de
l’aile.
Un après-midi de l’été 2003, j’étais tellement à bout de nerfs, que j’ai déféqué dans mon pantalon alors que j’étais
assis dans mon bureau. A 47 ans, c’était la première fois que je faisais caca dans ma culotte depuis très, très longtemps. J’ai été très choqué. J’ai beaucoup pleuré et ensuite, je me suis
interrogé sur les causes. Elles sont simples : puisque je me laisse manquer de respect, c’est que je ne me respecte pas, alors pourquoi mon corps me respecterait-il ? J’ai décidé de changer de
vie : d’abord quitter ma femme et ensuite, mon maitre-chanteur, le directeur de la PJF de Marche. J’ai quitté mon épouse le dimanche 30 novembre 2003. Pour le directeur, ça a été un peu plus long
et plus compliqué.
En 2004, la Belgique connaît une importante vague de suicides au sein des forces de l’ordre. La politique mise en place
par la hiérarchie après la fusion des polices est désastreuse et de nombreux policiers sont en plein désespoir. La PJ de Marche est épargnée par les suicides mais 60 % des membres du personnel
connaissent de gros problèmes relationnels avec le directeur judiciaire. Si moi je vis seul, sans enfant et que je n’ai aucune charge particulière, il n’en va pas de même pour la majorité des
membres du personnel qui ont des obligations financières importantes et qui ne peuvent se permettre de se fâcher avec la hiérarchie. Ceux-là sont régulièrement en arrêt de travail et prennent des
antidépresseurs.
En 2004, comme la majorité de mes collègues, je prends des calmants car je suis en pleine dépression nerveuse mais je
continue à aller travailler. L’ambiance est encore plus exécrable qu’avant et le travail est rare à la section financière ou alors, il est confortable car personne ne s’y connait dans cette
matière et on peut facilement justifier les heures de travail même si on ne travaille pas. Alors je m’occupe : je surfe sur des forums avec d’autres paumés comme moi. Les forums, c’est le domaine
des cancans et quand on est en pleine dépression, comme je l’étais, on ne dispose plus de la plénitude de ses facultés mentales et le moindre incident avec un autre membre des forums prend
d’énormes proportions. A cause de cet état dépressif et de tout ce harcèlement moral dont j’étais victime à l’époque, un jour du mois d’octobre 2004, j’ai pété un fusible et j’ai injurié
publiquement un membre d’un forum. Le résultat a été que l’offensé a porté plainte à ma charge mais je n’en ai été informé qu’au début de l’année 2006 lorsque j’ai été entendu par l’Inspection
des Services de Police. Lorsque je me suis rendu compte que j’avais commis un impair, je m’en suis ouvert à ma hiérarchie qui a décidé de ne pas y donner suite mais ça lui a donné une arme
supplémentaire pour me harceler.
J’ai résisté jusqu’au début du mois de mars 2005. Le jeudi 3 mars 2005, en partant travailler, au lieu de tourner à
gauche pour aller vers Marche-en-Famenne, j’ai tourné à droite en direction de Bruxelles : je suis allé porter plainte contre ma hiérarchie pour harcèlement moral, menaces verbales et infraction
en matière de loi contre le tabagisme dans les lieux publics.
A partir de ce jour-là, ce que je considérais comme l’enfer au travail, n’était rien en comparaison de ce que l’avenir
me réservait. Je n’étais pas en état de le réaliser quand je suis allé porter plainte mais le 3 mars 2005, j’ai suicidé ma carrière à la police fédérale belge : je ne pouvais pas m’en sortir, je
ne pouvais pas obtenir gain de cause sinon mon histoire aurait fait jurisprudence et aurait ouvert une brèche – c’est l’éternelle histoire du pot de terre contre le pot de fer.
En mars 2006, j’ai introduit une deuxième plainte contre la hiérarchie de la Police Judiciaire Fédérale mais les deux
plaintes ont été classées sans suite par le Procureur du Roi de Marche-en-Famenne tandis que moi, j’étais inculpé pour le problème du forum, augmenté de quelques petites surprises émanant de la
hiérarchie. J’ai été jugé au palais de justice de Marche-en-Famenne en octobre 2006 et condamné à une peine de travail exemplaire. Après divers recours, j’ai été licencié à la date du 15 mai 2007
mais je n’ai reçu le document officiel que le 15 juin 2007. J’avais près de 30 ans de carrière et étais à 5 ans de la retraite.
Fin juin 2007, le directeur qui est à l’origine de mon histoire a dit qu’il démissionnerait à la fin de l’année 2007
afin de prendre quelques années sabbatiques et se consacrer à sa famille. Il a quitté la Belgique et vit quelques par dans les Alpes. Il doit être bien malheureux car je ne sais pas s’il a
compris ce qui s’est passé et ce qu’il a fait de mal. Lorsqu’on évolue dans un système et que l’on est adulé grâce à la fonction que l’on occupe et au salaire que l’on perçoit, il est doit être
difficile d’agir avec discernement.
J’écris ce texte le lundi 30 août 2010. On ne sort pas de pareille aventure sans bobo : il me reste encore quelques
séquelles émotionnelles et c’est bien normal. Mais ma sérénité est revenue. Je n’ai plus de colère contre tous ces gens qui ont permis que cela arrive car je suis persuadé que « je rayonne autour
de moi ce que je suis donc j’attire à moi ce que je suis ». C’était un passage obligé qui m’a permis de devenir celui que je suis maintenant : Moi, tout simplement. I am.
Je m’adresse à vous qui connaissez une situation similaire dans votre vie professionnelle, sachez qu’il y a TOUJOURS de
la Lumière derrière le mur et moi, je serai TOUJOURS là pour vous aider à vous en sortir, si vous le désirez.
Dans un prochain article, j’expliquerai comment j’ai fait 3 NDE sur une période de 9 mois en 2007.
Que votre vie soit belle et inondée de Lumière.
Coeurdialement.
René
Contact et infos :
Bonjour René,
Je crois que beaucoup d'entre nous ont vécu des moments très difficiles comme toi et moi et toutes ces souffrances et cette persécution a, comme tu l'as si bien dit, eu pour but de nous montrer le chemin...Moi aussi j'ai mis du temps avant de comprendre que je faisait fausse route, mais aujourd'hui jen'ai aucune colère, aucune rancoeur, je sais que j'ai retrouvé mon chemin et je suis prete à repartir de zero s'il le fallait car j'ai foi en mon être intérieur et je sais que je ne suis pas seule, que nos amis d'en haut sont là toujours près de nous.
Que ton chemin soit toujours éclairé de lumière et d'amour.
Bonjour Kalixe,
Je te remercie pour ce beau commentaire.
Nous ne nous connaissons pas, je pense mais je serai heureux lorsque ce jour viendra.
Coeurdialement.
René
MDR!!
j'ai connu ça aussi...
pour ça que je veux devenir indépendant...
a part que moi c'était accentué par la sorcellerie...
je croyais etre le seul a vivre ça.......................
j'ai un peu développer une peur et haine des gens........
j'essaye de guérir...
je m'échappe par les plaisirs éphémeres...
t'as eu de la chance rené,
maintenant ça paye!
Je peux comprendre ce que tu as ressenti. Moi-même à deux reprises j'ai été victime de ce genre de mésaventure, mais heureusement, j'ai un carcatère qui me permet de fermer la porte dès que je quitte le boulot.
Tu connais mon caractère et mon histoire.
Cela a été très dur à un moment, mais en partant du principe que dans toutes piscineq il y a fond, je m'arrange pour donner un gd coup de pied pour remonter. Jusqu'aà présente cela a fonctionné.
Allez courage, bien que mauvaise, c'est une expérience qui doit te rendre plus fort.
Bien à toi
Bonjour Tchedo,
C'est vrai que tu as également connu ce genre de mésaventure mais toi, tu es allé jusqu'à la retraite et maintenant tu as la paix.
En ce qui me concerne, c'était une très vilaine expérience à vivre mais, avec le recul, je pense qu'elle était nécessaire afin que je puisse devenir celui que je suis maintenant. Je ne regrette rien du combat que j'ai livré hormis les conséquences que cette situation d'hyper stress a entraîné sur ma santé et que je continue à payer actuellement.
Dis Tchedo, crois-tu réellement que lorsque tu quittais ton travail, ton psychisme fermait réellement la porte ?
Maintenant que je suis thérapeute, je peux te dire que la réponse est NON. Ca t'a rongé pendant toutes ces années.
C'est ce genre d'émotion que j'essaie d'exorciser chez mes patients.
Je te remerice pour ton témoignage Tchedo.
J'espère que nous nous reverrons bientôt.
Ami-calmant.
René
Je ne dirais pas que c'est "magnifique" ce que tu viens d'écrire, (ça l'est bien sûr) mais beaucoup de souffrances..... le terme "magnifique" convient quand meme, car cela t'a permis d'être toi et enfin que ta vraie personnalité puisse s'exprimer ! Je rejoins ce que tu exprimes, ma vie aussi a basculé (j'ai faillit écrire bousculé/lapsus) et j'en ai été changée. Comme on dit : Il faut parfois un grand désordre, pour faire du ménage" et là, la scène est dégagée tu deviens l'acteur de ta propre vie ! Je t'embrasse et te dis à bientôt ***** Nanou *****
cher rené, histoire émouvante que la tienne mais ainsi que tu le dis : necessaire, rien n'est vain, il suffit de savor en tirer les conclusions
c'est un grand pas alors bravo, tu as réussi à dépasser tout ceci .
en méditation, j'ai passé ma vie en revue j'ai visualisé tout évènement douloureux (j'y ai mis tous les liens négatifs, les scories des vies antérieures , les serments et j'ai tout envoyé au feu purificateur de shin, quelques fois j'ai fait un paquet que j'ai déposé devant la croix ou que j'ai transformé en lumière. après ... toujours en visualisation, j'ai nettoyé mon corps, enlevé l'armure, et tout ce qui me collait à la peau, je me suis mise nue et me suis dirigée vers une eau claire et pure afin de me laver, j'ai demandé au christ de me benir, j'ai eu la sensation qu'une tunique blanche venant du ciel me recouvrait. j'étais en paix...
et je te souhaite de trouver cette paix de l'âme.
je t'embrasse affectueusement
huguette