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Publié par René Dumonceau

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Je me souviens qu’aux premiers temps du Mouvement féministe, je me suis étonné de l’ existence de celui-ci et de ses accents très revendicateurs. J’étais alors un jeune adolescent et je ne comprenais pas trop…


En effet, à mes yeux d’alors, il me paraissait plutôt que l’homme avait toujours su honorer et louer la femme. Pourquoi ? Parce que j’étais extrêmement attiré par les arts, toutes les formes d’art. L’art de manier les mots pour en faire des poèmes d’amour, l’art de peindre la lumière des visages, celui de sculpter les formes et, bien sûr, celui de marier les sons pour en faire surgir des mélodies. Chacun d’eux me paraissait être la meilleure façon de se connecter avec un Principe Supérieur encore bien flou à mes yeux mais dont la grâce féminine était assurément une ambassadrice.

 

 

Je passais donc des journées entières à feuilleter les encyclopédies à la recherche enthousiaste de tous les chefs d’œuvre réalisés par les ¨magiciens de l’art¨, de l’Antiquité jusqu’à nos jours… Et, ce faisant, force m’était de constater qu’incontestablement les artistes de tous les temps n’avaient jamais cessé de mettre en évidence et en valeur la femme ainsi que l’amour et l’admiration qu’ils lui portaient.

 

 

Des héroïnes tragiques de la Grèce aux amantes lointaines du Romantisme en passant par les Dames de l’Amour Courtois du Moyen-Age et aussi par les Muses bien en chair de la Renaissance, les femmes étaient toujours là… De quoi se plaignaient-elles donc ?


Quand elles ne brillaient pas par leur beauté et leur séduction, elles se distinguaient la plupart du temps par leur force de caractère ou par l’amour transcendant qu’elles savaient faire naitre chez les hommes.

 

 

Je les voyais par conséquent au centre de tout, aimées, parfois craintes et sachant ainsi se faire respecter.


À la découverte des fameux vers d’Aragon qui faisaient de la femme ¨l’avenir de l’homme¨, j’en suis même venu à être surpris que le poète n’ait pas pensé à chanter également en elle la force de son passé et de son présent puisqu’elle se trouvait partout sur les routes masculines. Mère, épouse ou fille, elle a toujours représenté le lien de l’homme avec le mystère de la vie qui se perpétue. Elle a toujours été là, même en tant que déesse ou vierge-mère, incontournable et vénérée.

 

 

Et puis… les années se sont écoulées, évidemment, et j’ai mieux compris ce qui s’était sans doute passé depuis toujours ou - du moins - depuis fort longtemps.


J’ai découvert que ce n’était certainement pas tellement la femme en tant que personne humaine que l’homme s’était plu à célébrer au fil des siècles et des millénaires. C’était plutôt l’image d’un certain idéal qu’il portait en lui. Une image qui tentait d’exprimer son manque d’une bonne part de lui-même, celle de sa possible connexion avec son Origine subtile, celle de sa tendresse initiale. En fait, celle de la vraie Beauté que recherche toute âme.
 

 

 

L’homme n’avait cessé de rendre un hommage essentiellement et artistiquement intellectuel à un Principe absolu complémentaire du sien… tout en demeurant déconnecté de la réalité quotidienne.


Et cette réalité quotidienne n’était guère édifiante puisque, de toute évidence, elle faisait de la femme la subalterne de l’homme, sauf rares exceptions. Triste constat social et humain en matière d’équité et de respect.

 

 

Il aura fallu longtemps et bien des excès de part et d’autre des deux sexes pour que l’on commence à comprendre qu’honorer ne signifie pas se limiter à chanter tout simplement la beauté et la subtile intelligence d’un Principe.
 

 

 

Il est facile de louer, voire de vénérer un Principe car cela se résume souvent à pratiquer une sorte de jeu plaisant pour les méninges. Ce jeu est celui de l’illusion dans laquelle aime à se perdre le mental humain lorsqu’il se montre encore inconscient de ce qu’est la Conscience. Quant à faire en sorte qu’un hommage ou - plus simplement - une vraie reconnaissance se concrétise chez lui par une attitude de vie plus cohérente… c’était une tout autre affaire !
 

 

 

Entre l’idée et l’acte, il y avait un énorme fossé à accepter puis à combler.


L’est-il aujourd’hui ? Disons qu’il est certainement beaucoup moins profond qu’il ne l’était. Disons également que nous nous en tenons volontairement ici à l’observation des mouvements internes de notre culture occidentale… car il est important d’achever de faire le ménage chez soi, même s’il est clair que l’on ne peut rester insensible à l’état global de notre humanité pour laquelle il reste tant à faire.
 

 

 

En jetant en coup d’œil par dessus mon épaule, je crois pouvoir dire que, bien que du travail reste à accomplir chez nous, nous avons beaucoup bougé les meubles pour nettoyer notre plancher ces dernières décennies. Nous les avons collectivement tellement déplacés que de plus en plus d’hommes ont enfin commencé à admettre que le féminin qu’ils appelaient et chantaient - jusqu’à souvent le manipuler dans leurs relations avec le monde - existe aussi en eux. Pas seulement un peu mais pleinement !
 

 

 

Personne ne songe depuis longtemps à nier la vérité traduite par la vieille image presque trop classique du yin et du yang mais il aura fallu beaucoup d’effort pour que l’on comprenne à quoi cela devait naturellement conduire dans les rapports homme / femme.
 

 

 

L’acceptation du féminin en l’homme… c’est peut-être cela la grande découverte qui mènera enfin au respect que doit sous-entendre l’idée d’honorer.


En élargissant la réflexion, je me dis que prendre conscience de l’existence d’une partie du Principe de l’autre en soi représente sans doute un pas majeur vers la réelle porte de sortie du labyrinthe fait d’antagonismes dans lequel nous errons depuis si longtemps.
 

 

 

Cette constatation vaut bien sûr pour les deux sexes mais il m’apparait sans doute plus important et remarquable de saluer aujourd’hui l’émergence consciente du féminin en l’homme que celle du masculin dans la femme car des millénaires de patriarcat ont suffisamment fait la preuve des aberrations de ce dernier.
 

 

 

En constatant cela, je me réjouis personnellement de la nouvelle sensibilité qu’un nombre croissant d’hommes s’autorise actuellement à laisser monter dans leur vie.


C’est, je crois, la plus belle façon que puisse trouver l’homme d’honorer la femme.


À tous les niveaux, le Principe féminin s’est toujours montré initiatique donc accoucheur. Les ouvertures de conscience que nous constatons actuellement ne font que nous le rappeler.


C’est à coup sûr pour cela que je ne puis m’empêcher de penser régulièrement à cette si puissante affirmation relevée il y a déjà quelques années dans ¨L’Évangile de Marie Madeleine¨ (1) : « C’est des femmes que viennent les naissances, pour quelle raison la Naissance ne viendrait-elle pas par la Femme ? »
 

 

 

Maintenant, il faudra peut-être un jour que l’on se décide aussi à parler du ¨Masculin sacré¨ car celui-là aussi est en souffrance…


Daniel Meurois


(1) ¨L’Évangile de Marie–Madeleine, selon le livre du Temps¨, du même auteur aux Éditions Le Passe-Monde

 

 

Source de cet article : https://www.facebook.com/DanielMeurois - 30/09/2013

 

 

Article relayé par le blog de René Dumonceau : www.lescheminsdelenergie.com

 

 

 

"Au lieu d'attendre que les événements arrivent comme tu le souhaites, crée ton destin et tu seras heureux"

 

 René Dumonceau

 

 

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