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Publié par Rene Dumonceau

Comment ma vie a basculé : de policier à thérapeute

Maintenant je suis prêt à écrire ce qui suit, avec sérénité, sans colère et sans haine. Maintenant je suis prêt à narrer comment, d’inspecteur principal de police judiciaire belge et ancien gendarme, je me suis retrouvé à pointer au chômage, après trente ans de carrière et cinq ans avant la retraite. Je suis prêt à expliquer comment ma vie a basculé.

Je le fais en hommage à tous ceux qui se sont suicidés parce qu’ils ne savaient pas comment sortir de cette difficile situation qu’est le harcèlement moral sur le lieu du travail. Moi, j’ai affronté la hiérarchie de la police judiciaire fédérale belge. C’était le pot de terre contre le pot de fer. Mes plaies  cicatrisent lentement mais sûrement.

Vous qui lisez cet article et qui êtes victime d’une quelconque forme de harcèlement, j’aimerais vous dire que

 

Derrière le mur,

Il y a la Lumière.

TOUJOURS !

 

Moi c'est le grand, à droite. Et ce n'est pas en 1991 mais en 1989.

Moi c'est le grand, à droite. Et ce n'est pas en 1991 mais en 1989.

Once upon a time…. Il était une fois

Le mardi 27 décembre 1977, je suis entré à l’école de Sous-Officiers de la Gendarmerie belge, antenne de Liège (Vottem) pour y suivre une formation d’un an en internat. J’avais 21 ans, je travaillais comme réassortisseur et clarckiste dans un supermarché de la région de Liège, un tout petit diplôme de rien du tout et pas d’avenir professionnel particulier. Mon grand-père avait été gendarme et depuis mon enfance, ce métier me fascinait, alors je me suis engagé.

Au lieu des 12 mois d’école prévus, j’en ai presté 15 car je ne savais pas étudier et je n’étais pas doué pour le sport.

En avril 1979, j’ai été nommé Maréchal des Logis (sergent) et j’ai été muté à la Légion Mobile à Bruxelles, l’équivalent des CRS en France. Pendant un peu plus d’un an, j’ai eu l’occasion d’oublier tout ce que j’avais appris lors de ma formation à l’école de Gendarmerie.

Ma carrière a réellement commencé en juin 1980 lorsque j’ai été muté dans une usine qui tournait 24/24 hr : la brigade de Gendarmerie de Bruxelles : " L’école de la rue".

J’ai travaillé 10 ans en uniforme et le reste en civil, dans des unités de recherches de la Gendarmerie belge. Pendant 20 ans de travail de recherches, j’ai officié dans divers domaines : les Stups, les trafics de véhicules, la traite des êtres humains, le blanchiment d’argent, le terrorisme mais le job qui m’a le plus passionné, c’est quand j’étais au grand banditisme à Seraing, dans la banlieue sidérurgique de Liège.

 

Aussi loin que je me souvienne, quand j’étais gendarme, j’ai toujours eu des heurts avec la hiérarchie : je n’aime pas l’hypocrisie, la bêtise, l’injustice, la méchanceté et surtout, la mesquinerie. Je n’étais pas fait pour évoluer dans un système qui permet à des cons d’exister, exclusivement, par le pouvoir que leur confère leur grade et leurs fonctions mais à l’époque, je ne savais rien faire d’autre que le gendarme donc il fallait plier et obéir.


 

Le début de la fin de ma carrière policière

C’est en juin 1999 que ma vie a basculé et m’a amené à recevoir ma démission le 15 mai 2007.

C’est à cette époque également que j’ai fait ma première NDE (Near Death Experience - Expérience de Mort Imminente).

En juin 1999, je travaillais à la BSR (Brigade de Surveillance et de Recherches de l'ex Gendarmerie belge) de Huy, petite ville de province située entre Liège et Namur et traversée par la Meuse.

Le travail y était agréable, calme et varié tandis que les relations avec la hiérarchie étaient très houleuses, pour ne pas dire médiocres. Dégoûtés de prendre des initiatives et de se faire rabrouer au quotidien par des officiers peureux et inefficaces, mes collègues avaient adopté des horaires de fonctionnaires et non de flics. Cela me changeait du grand banditisme de Seraing mais j’ai rapidement trouvé de quoi m’occuper. En free-lance car mes collègues avaient pris goût aux horaires de fonctionnaires.

 

A cette époque, dans ma vie privée, j'occupais certaines responsabilités dans diverses associations artistiques, festives et touristiques de la région. J’étais également artiste-peintre, photographe d'art et sculpteur sur pierre. Je participais à des expositions et j’en organisais.

Une ou deux fois par mois, j’étais cité dans la presse locale pour diverses manifestations que je co-organisais. Lors de la préparation de manifestations plus importantes, je participais à des émissions de radio ou j’étais interviewé par une chaîne de TV locale.

Après un certain temps, toutes ces activités et cette notoriété locale ont commencé à susciter la jalousie de mes collègues et surtout, de la hiérarchie mais je n’y prêtais pas garde. Je ne voyais pas ce que l’on aurait pu faire contre moi. Le travail est une chose, la vie privée en est une autre... croyais-je.

Je n’ai rien vu venir et pourtant ça a été le début de la fin de ma carrière de flic.

A la mi-juin 1999, j’ai été accusé de deux faits judiciaires auxquels j’étais totalement étranger – tout le monde le savait mais je gênais et je devais être éjecté – et j’ai été immédiatement relevé de mes fonctions.

Le lendemain, chez moi, j’ai fait ma première attaque de panique avec NDE et je suis resté dans un état semi-comateux pendant trois jours. Pendant que j'étais alité, j'ai eu l'impression de rêver. C'était toujours la même chose qui revenait devant mes yeux. J'avais l'impression de mourir. Je me sentais aspiré dans un couloir lumineux. Au fond, il y avait une porte contre laquelle je me cognais et ensuite, je m'éveillais dans mon lit.

Plus tard j'ai compris que j'avais fait une NDE (état de mort imminente), la première, apparemment. Ensuite je suis resté sans travailler durant 14 mois pour cause de dépression nerveuse.

Finalement la montagne a accouché d’une souris : un mois après ma mise à pied, soit fin juillet 1999, les enquêtes à ma charge étaient bouclées et j’étais totalement disculpé mais je n’ai été réintégré dans mes fonctions qu’en novembre 2000.

Bien qu’innocenté, j’ai été prié d’aller travailler ailleurs. J’ai choisi une petite ville touristique à 40 km de chez moi : Marche-en-Famenne. C'était pratique car entre mon travail et mon domicile se trouvait l'atelier où je pratiquais la sculpture sur pierre.

 

C'était en 1989 et non en 1991. Prise d'otages Delaire à Tilff (Liège, Belgique).

C'était en 1989 et non en 1991. Prise d'otages Delaire à Tilff (Liège, Belgique).

La fusion des polices belges en janvier 2001 : le mariage entre les BSR de la Gendarmerie avec la Police Judiciaire

En janvier 2001, les unités de recherches de la Gendarmerie ont été fusionnées à la Police Judiciaire afin qu’il n’y ait plus qu’un seul service de recherches par arrondissement judiciaire en Belgique. C'était une conséquence directe de la guerre des polices qui s'étaient déroulée dans le cadre de l'affaire Dutroux.

En mars 2001, un directeur a été nommé à Marche, il s’agissait d’un ancien officier de Gendarmerie que je connaissais très bien et qui est très ami avec mon ancienne hiérarchie de Huy. Résultat : malgré notre camaraderie, il m'a mis au placard, à la section financière, dans les combles du palais de justice.

J’ai travaillé seul dans un bureau durant 5 ans. Il y avait des jours où je ne parlais à personne et où je ne voyais personne.

Au début, je ne comprenais rien au travail que l’on me demandait de faire et puis, petit à petit, j’ai appris. J’ai suivi des cours de comptabilité et diverses formations financières. Je suis devenu performant dans cette matière mais je travaillais seul, sans coéquipier.

Pendant deux ans, quelques jours par semaine, j’ai eu à supporter dans mon local, un collègue qui fumait cigarette sur cigarette et lorsque je lui demandais d’aller fumer ailleurs, il me répondait que je pouvais aller respirer ailleurs si je le désirais. Ambiance...

J'étais tellement stressé par cette situation qu'un jour, je lui ai lancé une tasse de café au visage et qu'ensuite, j’ai fait une syncope.

Le tout dans l’indifférence générale.

On était cinq à la section financière de la PJ de Marche-en-Famenne. Cinq "punis", 5 mis au placard qui, comme des poissons rouge, tournaient en rond dans un bocal à longueur de journée.

Dans cet univers, c’était chacun pour soi. Et puis, il y avait ce directeur (ancien copain) qui m’en voulait toujours parce que j'avais été innocenté pour les histoires de Huy en 1999 et qui me menaçait et me cherchait des misères pour des broutilles.

 

Le samedi 20 juillet 2002, ma maison a brûlé. C'était accidentel. La hiérarchie m’a laissé en paix le temps de la remettre en état mais au début de l’année 2003, le harcèlement a repris en force.

Tout ce qui se passait au travail avait de sérieuses répercussions sur ma vie privée et mon ménage battait (encore un peu plus) de l’aile.

Un après-midi de l’été 2003, j’étais tellement à bout de nerfs, que j’ai déféqué dans mon pantalon alors que j’étais assis dans mon bureau. Je vous laisse imaginer la scène... et l'odeur.

A 47 ans, c’était la première fois que je faisais caca dans ma culotte depuis très, très longtemps. J’ai été très choqué. J’ai beaucoup pleuré et ensuite, je me suis interrogé sur les causes. Elles étaient simples : puisque je me laisse manquer de respect, c’est que je ne me respecte pas, alors pourquoi mon corps me respecterait-il ?

J’ai décidé de changer de vie : d’abord mettre un terme à la relation boiteuse avec ma femme et ensuite, mettre un terme définitif aux agissements de mon maitre-chanteur, le directeur de la PJF de Marche. J’ai quitté mon épouse le dimanche 30 novembre 2003. Pour le directeur, ça a été un peu plus long et plus compliqué.

En 2004, la Belgique connaît une importante vague de suicides au sein des forces de l’ordre. La politique mise en place par la hiérarchie après la fusion des polices est désastreuse et de nombreux policiers sont en plein désespoir (Remarques effectuées lors de la relecture le 23/02/2012 : la situation est identique 8 ans plus tard au sein de la police belge). La PJ de Marche est épargnée par les suicides mais 60 % des membres du personnel connaissent de gros problèmes relationnels avec le directeur judiciaire, mon bon copain.

Si moi je vis seul, sans enfant et que je n’ai aucune charge particulière, il n’en est pas de même pour la majorité des membres du personnel qui ont des obligations financières importantes et qui ne peuvent se permettre de se fâcher avec la hiérarchie ou risquer de perdre leur emploi. Ceux-là sont régulièrement en arrêt de travail et prennent des antidépresseurs pour tenir le coup. A cette époque, comme la majorité de mes collègues, je prends des calmants car je suis en pleine dépression nerveuse mais je continue à aller travailler.

L’ambiance est encore plus exécrable qu’avant car le travail est rare à la section financière ou alors, il est confortable : comme peu de personnes connaissent réellement le travail de la section financière, on peut facilement justifier les heures de prestations même si on ne travaille pas. Alors je m’occupe : je surfe sur des forums avec d’autres paumés comme moi. Les forums, c’est le domaine des cancans et quand on est en pleine dépression, comme je l’étais, on ne dispose plus de la plénitude de ses facultés mentales et le moindre incident avec un autre membre des forums prend d’énormes proportions.

A cause de cet état dépressif et de tout ce harcèlement moral dont j’étais victime (Note lors de la relecture du 21/01/2016 : je ne suis plus réellement en accord avec ce mot de "victime" car je pense maintenant que "Je rayonne autour de moi ce que je suis donc j'attire à moi ce que je suis" et je suis persuadé que c'est dans le présent que nous générons nos futurs potentiels et que nous récolterons toujours ce qu'on a semé à un moment ou à un autre) à l’époque, un jour du mois d’octobre 2004, j’ai pété un fusible et j’ai injurié publiquement un membre d’un forum d'un site de rencontres, pour un motif que j'ai oublié.

Le résultat a été que l’offensé a porté plainte à ma charge mais je n’en ai été informé qu’au début de l’année 2006 lorsque j’ai été entendu par l’Inspection des Services de Police.

Par contre, en octobre 2004, lorsque je me suis rendu compte que j’avais commis un impair, je m’en suis ouvert à ma hiérarchie, donnant de la sorte un atout de choix à ce cher "directeur-judiciaire-maître-chanteur".

 

Plainte pour harcèlement moral contre ma hiérarchie de la police judiciaire fédérale... et les suites

J’ai résisté jusqu’au début du mois de mars 2005. Le jeudi 3 mars 2005, en partant travailler, au lieu de tourner à gauche pour aller vers Marche-en-Famenne, j’ai tourné à droite en direction de Bruxelles : je suis allé porter plainte au Comité P contre ma hiérarchie pour harcèlement moral, menaces verbales et infraction en matière de loi contre le tabagisme dans les lieux publics.

A partir de ce jour-là, ce que je considérais comme l’enfer au travail, n’était rien en comparaison de ce que l’avenir me réservait.

Quand je suis allé porter plainte contre ma hiérarchie, je n’étais pas en état de le réaliser mais le 3 mars 2005, j’ai suicidé ma carrière à la police judiciaire fédérale belge : je ne pouvais pas m’en sortir, je ne pouvais pas obtenir gain de cause sinon mon histoire aurait fait jurisprudence et aurait ouvert une énorme brèche – c’était donc l’éternelle histoire du pot de terre contre le pot de fer.

En mars 2006, j’ai introduit une deuxième plainte contre la hiérarchie de la Police Judiciaire Fédérale belge mais les deux plaintes ont été classées sans suite par le Procureur du Roi de Marche-en-Famenne tandis que moi, j’étais inculpé pour le problème de l'injure sur le forum, augmenté de quelques petites surprises émanant de la hiérarchie.

J’ai été jugé au palais de justice de Marche-en-Famenne en octobre 2006, c'est-à-dire sur les lieux de mon travail et ce, par des personnes avec lesquelles je travaillais au quotidien et avec lesquelles il m'arrivait de festoyer.

J'ai été condamné à une peine  exemplaire : 200 heures de travail d'intérêt général ou 18 mois de prison ferme.

Après divers recours, j’ai été licencié de la Police Judiciaire Fédérale belge à la date du 15 mai 2007 mais je n’ai reçu le document officiel que le 15 juin 2007. J’avais près de 30 ans de carrière et étais à 5 ans de la retraite.

J'ai effectué les 200 heures de travail d'intérêt général en deux étapes : Fin 2007, 40 heures de prestations de nuit dans un institut qui héberge des autistes adultes. Je n'ai pas supporté ce que je voyais dans cet endroit. De février à avril 2008, j'ai effectué 160 heures de prestations de jardinage et de bûcheronnage dans la réserve naturelle du Paradis située à Orp-Jauche où j'habitais à l'époque.

Elle est curieuse, la vie : j'ai connu l'enfer dans ma profession mais j'ai payé "ma dette à la société" au Paradis.

Le hasard n'existe pas, il n'y a que des rendez-vous.

Pas vrai ?

Fin juin 2007, le directeur qui est à l’origine de mon histoire a dit qu’il démissionnerait à la fin de l’année afin de prendre un congé sabbatique et se consacrer à sa famille. Il a quitté la Belgique pendant trois ans. En 2011 il a réintégré son emploi mais a été affecté à d'autres fonctions... en uniforme. J'apprécierai de le revoir et de discuter de tout cela avec lui. Je ne sais pas s’il a compris ce qui s’est passé pour que je porte plainte à sa charge et que j'aille au bout de ma route; pour que je me laisse condamner et perdre cet emploi en or qui était le mien, surtout à cinq ans de la retraite.

Lorsque l’on évolue dans un système et que l’on est adulé grâce à la fonction que l’on occupe et au salaire que l’on perçoit, il est doit être difficile d’agir avec discernement.

 

Jeudi 23 février 2012

On ne sort pas de pareille aventure sans bobos : il me reste encore quelques séquelles émotionnelles et physiques.

Après toutes ces années, j'ai encore de violentes crises d'angoisses quand je rencontre une situation de conflit ou de stress.

Depuis 2006, je ne parviens plus à conduire un véhicule sur un autoroute sinon je m'évanouis; je ne sais plus rouler à plus de cent kilomètres à l'heure et je ne sais plus dépasser de véhicules sans avoir avalé un calmant. J'ai également des acouphènes avec perte d'audition. L'intensité de ces séquelles diminue d'année en année. Cela me console.

Au niveau émotionnel, la colère a laissé place à la mélancolie.

Contrairement à ce que je croyais, oublier est impossible. Alors je m'efforce de vivre dans l'ici et maintenant.  C’était un passage obligé dans ma vie. Il m’a permis de découvrir ma richesse intérieure et de devenir celui que je suis devenu maintenant : Moi, tout simplement.

 

Dimanche 03 mars 2013

Aujourd'hui, il y a huit ans que j'ai porté plainte contre la hiérarchie de cet emploi que j'occupais en 2005. Je me sens de plus en plus étranger au monde judiciaire (pourtant j'ai dû très vite m'y réhabituer, lisez la suite et vous comprendrez).

J'habite en France depuis un peu plus d'un an. Le premier septembre 2012, j'aurais dû prendre ma retraite de la police belge. Cela aurait entraîné un immense changement dans ma vie.

J'ai décidé que ce changement aurait lieu : j'ai officiellement informé les autorités administratives belges que je m'expatriais en France. De la sorte j'ai renoncé aux facilités financières auxquelles j'ai droit en Belgique jusqu'à l'âge de la retraite (65 ans) et, depuis le premier janvier 2013, je suis établi en profession libérale en France. La France ne reconnaît pas officiellement la profession de thérapeute-énergéticien mais l'assimile quand même à une profession libérale, c'est con... Comme plein de choses en France, d'ailleurs.

Voilà, je commence à zéro une deuxième carrière professionnelle. En qualité de thérapeute de campagne. Dans un pays où les médecins sont rares et où les gens sont en demande de soins efficaces. Avec un statut professionnel que je découvre, des habitudes d'un pays totalement différent du mien, sauf qu'on y parle la même langue. Je suis le belge, le guérisseur du village. En Belgique j'étais l'illuminé. Ca me change.

Le problème ici, c'est la solitude au quotidien. Il faut repartir de zéro et aller vers tout, comme un enfant qui vient de naître. Sauf que j'aurai bientôt 57 ans.

Au niveau de la santé, les crises d'angoisses au volant et les vertiges sont plus rares. Je parviens à rouler un peu plus vite. L'intensité des acouphènes joue au yoyo mais dans l'ensemble et en regardant les autres hommes de mon âge, j'estime que je suis en très bonne santé.

 

Samedi 21 mai 2016

En 2013, la lumière n'a pas brillé longtemps dans ma vie car j'ai été envoyé à l'ombre le jeudi 11 avril 2013 durant 40 jours et mon existence a été mise en stand-by pour raisons judiciaires.

Lors de mon incarcération, faisant totalement fi de ma présomption d'innocence, un communiqué a été transmis à la presse par les autorités judiciaires. Son titre était "l'ex-flic belge, renvoyé de la pj, se disait faux médecin en France et violait ses patientes".

Je ne vous explique pas le scandale que ça a fait au niveau international et plus particulièrement en Belgique. Et dans ma vie... Et dans celle de toutes les personnes qui me connaissent, celles avec lesquelles j'ai travaillé et toutes celles qui m'ont aimé ou que j'ai aimées...  

Plus de trois ans ont passé et j'attends toujours qu'un juge d'instruction français daigne bien vouloir me rendre ma liberté de vie et de mouvements.

Je ne me pose même plus la question de savoir si tout cela est une grande injustice car cela n'a pas de réelle importance.

Ce qui m'intéresse actuellement est de trouver de l'argent pour vivre au quotidien et de trouver les moyens financiers de me soigner car je suis atteint d'une maladie orpheline qui nécessite une injection très onéreuse chaque trimestre plus des examens médicaux chaque année.

Ce qui m'intéresse également c'est d'avoir de la chaleur d'un être humain à mes côtés de temps à autre et heureusement qu'Elle est là (12/10/2019 : depuis lors, elle n'est plus là)  sinon moi je ne sais pas où je serais.

Il existe des périodes de vie qui sont particulièrement difficiles. Comme celle que je traverse actuellement mais ce qui est bien, c'est que, au niveau spirituel, je sais pourquoi tout cela est arrivé à ma vie et quelle en sera la finalité. Le plus difficile est l'attente et occuper le temps au quotidien mais j'ai la Foi.

Un jour peut-être, j'expliquerais ce qui s'est passé. Lorsque tout cela sera terminé et que j'aurais retrouvé ma dignité mais je ne sais pas s'il sera utile de l'écrire car ce serait remuer du "caca" et cette fois, je n'en ai plus très envie.

 

Vendredi 2 septembre 2016 

Coup de théâtre dans ma vie en juillet dernier : l'office belge des pensions de fonctionnaires m'apprend que j'ai le droit de percevoir la pension de retraite de la police fédérale belge à partir du premier septembre 2016.

Ca a fait boum dans ma tête et je suis parti en vrille au niveau émotionnel : je me suis payé un sacré épuisement nerveux car j'ai réalisé que la période noire de ma vie au niveau financier et statut social, sera très bientôt terminée et que je pourrai cesser de vivre au ralenti par manque d'argent.

Je vais également recommencer à exister car j'aurais à nouveau un statut social : retraité de la police fédérale belge et un salaire mensuel. Une sorte de CDI à vie et que seule ma mort pourra stopper.

C'est bizarre quand on y pense.

Et comme je vis en France où les salaires sont largement inférieurs à la Belgique, le montant que je vais percevoir me permettra de vivre correctement... Surtout si je travaille en plus...

Au niveau vie privée, je suis seul depuis quelques semaines mais j'en suis heureux... Je me reconstruis après une longue relation faite de promesses qu'Elle ne tient jamais... et ensuite je rencontrerai un nouveau coeur qui illuminera ma vie...

Au niveau judiciaire, je n'ai aucune nouvelle de la justice française depuis septembre 2013.

Je trouve qu'il est inhumain de laisser les gens macérer dans leur jus, sans moyens de subsistance durant trois ans et demi et sans qu'ils ne sachent de quoi leur avenir sera fait.

Je crois qui si leur enquête avait été en ma défaveur, il y a longtemps que j'aurais été condamné. Apparemment mon cas les ennuie. Alors, comme les autruches, ils mettent mon dossier en-dessous de la pile. C'est facile mais pas très courageux. J'ai quand même trouvé un peu d'argent pour engager un avocat et j'espère que des choses vont bouger cet automne 2016 (remarque : quand je me relis en mai 2020, je me dis que j'étais bien naïf de penser cela en 2016...).

Et après, que ferais-je ? La France est grande et belle et je suis à la retraite. Aller habiter ailleurs, pas loin de la mer ou de l'océan me conviendra très bien. Du moment que le climat soit plus doux qu'en Belgique...

 

Mai 2018...

J'ai viré mon avocat en février dernier, c'était le deuxième depuis 2016 (et le quatrième depuis 2013), et ai repris ma défense moi-même. Au moins, comme cela j'ai accès au dossier judiciaire.

En attendant d'avoir cette copie, j'ai demandé divers actes au juge d'instruction ainsi que la mainlevée de mon contrôle judiciaire mais l'ensemble a été refusé. Alors j'ai fait appel de tout cela et ça passera à l'audience de la cour d'appel à la mi-juin.

Actuellement je rédige une plainte à l'attention du procureur général pour non respect de la présomption d'innocence, motivée par le communiqué qui a été transmis à la presse en avril 2013.

Wait and see... (mai 2020 : bien que jugé et condamné, j'attends toujours...).

Mais mon corps me lâche. Cinq ans dans le doute et pareille pression, c'est hyper difficile à supporter. Je fais de nombreuses crises d'angoisses.

Il faut qu'ils rendent un arrêt positif en juin prochain sinon je vais péter un fusible.

Qu'il est long et pénible, mon Dieu, le chemin vers la Lumière !

 

Mercredi 18 septembre 2019, j'ai été jugé, je me suis défendu seul mais j'ai été condamné

En six ans et demi, j'ai déposé au moins six plaintes contre les enquêteurs. en Belgique, j'étais OPJ (officier de police judiciaire) donc lorsque je rédige un écrit de ce genre, je le fais consciencieusement et de manière précise. Mais aucune de mes plaintes n'a été suivie d'effet. A croire que certains gendarmes sont intouchables en France et peuvent se permettre toutes les exactions.

Enfin, un jour la roue tournera certainement pour eux. Qui sème le vent récolte la tempête.

En juin 2018, période à laquelle j'ai déposé plainte contre le PR de Verdun, le juge d'instruction a décidé de mettre un terme à l'enquête... Après plus de cinq ans dont 50 mois (4 ans et 2 mois) d'inactivité dans le dossier.

Et après avoir refusé d'effectuer tous les devoirs à ma décharge que j'ai sollicités.

Donc cette instruction a été effectuée totalement à ma charge : même des lettres transmises en ma faveur ont été retournées contre moi.

Quelle mascarade !

L'audience a été fixée au mercredi 18 septembre 2019 à 14h30.

Ce jour-là, on peut dire que ça a été ma fête.

Surtout que les juges ne connaissaient rien à ma profession sauf une qui disait connaître le reiki. Mais elle n'est pas pratiquante. C'est con de juger quelqu'un en ayant des bases de cliente et non de praticienne.

Mais je n'ai pas eu le choix des juges.

Je me souviens d'une autre qui me donnait 4 affirmations dont deux étaient fausses et qui me demandait si l'ensemble était vrai ou faux. Je lui ai dit que je ne comprenais pas sa technique d'interrogatoire car dans ses affirmations, il y en avait des fausses et des justes donc je ne pouvais répondre correctement à ses questions.

La présidente du tribunal me posait des questions auxquelles je ne comprenais rien. Pourtant elle parlait en français. Je lui ai dit que je ne comprenais pas ce qu'elle essayait d'exprimer et ce, parce qu'apparemment, elle ne comprenait rien à mon travail.

Quand j'étais devant ces personnes qui étaient chargées de me juger, j'avais l'impression d'être face à un mur. Comme à des entraînements de tennis : le mur renvoie ma balle et le mur n'en a rien à faire de ma balle... Grande mascarade.

Je précise que j'étais renvoyé devant des juges pour "exercice illégal de la médecine et agression sexuelle aggravée" (ça change des huit viols dont j'étais accusé en 2013).

A l'audience, il y avait une plaignante. Une dame qui m'avait consulté pour des problèmes sexuels et une démagnétisation de cicatrice d'épisiotomie. Elle me reprochait d'avoir eu des gestes intimes sur elle...

Cela signifie quoi ?

C'est quoi des gestes intimes ?

Pour elle, il fallait peut-être travailler sur le bout de son nez pour s'occuper de son épisiotomie et de sa sexualité...

Ca, c'est typiquement une plainte de gendarmes... Qui ont fait miroiter à la femme qu'elle pourrait gagner quelques sous en portant plainte contre moi.

Surtout que la plainte intervient un an après sa consultation. Ca donne vraiment beaucoup de crédit à la plainte, ne trouvez-vous pas ? 

Je sais comment le système fonctionne puisque j'ai été gendarme... frown

C'était une de mes premières clientes en 2012. A l'époque où je voulais me faire connaître (en bien) par les gens de la région où je venais de m'installer. J'espérais qu'elle allait faire ma pub...

Devant les juges, elle n'a pas voulu passer à ma hauteur. Et pourtant, durant tout le temps où j'ai habité à Dun Sur Meuse, elle passait plusieurs fois en face de chez moi, on se croisait presque tous les jours lorsque je promenais le chien ou alors, nous étions côte à côte à la caisse d'un magasin du village ou bien l'un devant l'autre en voiture sur le chemin de Verdun.

Et là, devant mes juges, elle ne voulait pas passer à côté de moi.

Comédienne va !

Il y a aussi eu cette "plaignante" qui ne savait presque pas parler et qui se déplaçait en chaise roulante suite à un avc. C'est à cause de sa plainte que j'ai été accusé d'agression sexuelle aggravée en 2013 et que j'ai passé 40 jours en prison.

Pourtant, même si elle ne sait plus parler correctement, on ne le dit pas dans sa plainte initiale et le texte est construit comme une personne qui parle normalement...

Aucun rapport de gendarmerie ne constate son état de santé; contrairement au code de procédure pénale, elle n'a jamais été vue par le juge d'instruction et le dossier judiciaire ne comporte aucun certificat médical pour attester de son état.

Pour cette fausse déclaration de plainte, j'ai déposé plainte contre les gendarmes de Dun sur Meuse pour faux en écriture mais mes griefs n'ont pas été suivis d'effets et ma plainte a été classée sans suite.

Par contre, le fait qu'elle n'ait fourni aucun certificat médical qui atteste de son état de santé a eu pour conséquences qu'elle a été déboutée et que l'accusation est redescendue en agression sexuelle simple.

 

La troisième plainte, j'ai expliqué les faits dans cet article "Le merveilleux poisson d'avril de ma cliente du lundi de Pâques 2013" publié le 3 avril 2013. C'est l'histoire de Nathalie.

Dieu comme je plains cette femme !

 

Tant qu'on parle de médical...

Depuis mon interpellation en avril 2013, je dis que je souffre d'une maladie orpheline qui a des conséquences sur ma sexualité (je suis transgenre car hypogonadique et azoospermique) ce qui m'empêche d'avoir des pulsions sexuelles comme on me le reproche dans le dossier judiciaire.

Et bien, figurez-vous que d'avril 2013 à juin 2018, soit durant l'instruction judiciaire, aucun magistrat ne s'est inquiété de vérifier mes dires ni de me faire examiner par un endocrinologue.

En juin 2013, j'ai remis un certificat médical au juge d'instruction. Il émanait du professeur chef du service d'endocrinologie de Reims. Ce certificat atteste du fait que je suis atteint d'une maladie orpheline nommée Syndrome de Klinefelter, hypogonadique et azoospermique et que j'ai besoin d'injections trimestrielles de testostérone pour avoir une sexualité plus ou moins correcte...

Lors du jugement, les magistrats ont dit que c'était un certificat de complaisance.

Il est beau le système judiciaire français !

Si j'avais su tout cela avant de changer de pays, je serais resté en Belgique ou je serais allé en Suisse.

 

Au lieu d'attendre que les événements arrivent comme tu le souhaites, crée ton destin et tu seras heureux

René Dumonceau

Le verdict de la justice française

Les juges de Verdun m'ont condamné à :

  • 2 mois de prison ferme (normalement ils n'avaient rien prévu à ce sujet; ils y ont pensé en lisant le jugement, afin que je ne me retourne pas contre l'état après avoir fait 40 jours de prison en 2013);
     
  • cinq ans d'interdiction de travail comme thérapeute énergéticien en France en contact avec le public;
     
  • un suivi socio-judiciaire de 5 ans;
     
  • l'obligation de rembourser les parties civiles.
     
  • inscription au fichier des délinquants sexuels en France durant 20 ans (FIJAIS).
     

Tout cela pour exercice illégal de la médecine et agression sexuelle simple.

Aucune amende pénale mais quelques petits milliers d'Euros à payer aux "victimes" et à l'ordre des médecins.

L'illégalité dans la légalité médicale et judiciaire, un terrible mélange difficile à comprendre, surtout en ce qui concerne la déclaration des droits de l'Homme

Ce qui est particulier dans tout cela, c'est que le statut de thérapeute énergéticien n'existe pas et n'est pas légal en France.

Légalement, je n'ai pas le droit de me dire thérapeute et ce, même si des milliers de personnes en France utilisent ce mot pour qualifier leurs activités.

Et le métier d'énergéticien n'est pas reconnu par la loi française.

Par contre, lorsqu'on souscrit à un numéro d'entreprise français, il existe une rubrique "praticien reiki".

La France est vraiment un curieux pays où on m'interdit d'exercer un métier qui n'existe pas au plan juridique.

 

Parmi les faits illégaux qui se sont passés depuis mon interpellation le 11 avril 2013, il y a cette hyper longue attente de six ans et demi avant d'être jugé.

Pareil délai est contraire aux Droits de l'Homme.

Quand je l'ai dit à la juge, elle a haussé les épaules comme si c'était la dernière chose qui l'intéressait.

Enfin, en définitives, ce qui compte maintenant, c'est que, grâce à cette condamnation, je sais où je vais et je n'ai plus d'épée de Damoclès suspendue au-dessus de mon crâne.

J'espère bientôt pouvoir ne plus avoir besoin d'anxiolytiques ni d'antidépresseurs et de ce fait, pouvoir redevenir moi-même.

Ensuite, il faudra remettre le corps en état en recommençant à faire du du sport et en retrouvant peu à peu l'envie de vivre et d'avoir à nouveau une vie sociale.

Puis je déménagerais pour quitter le trou perdu où j'habite actuellement et je recommencerais à sourire à la vie.  

 

Energéticien ou Hérétique ?

Soit dit en passant, cette condamnation est hypocrite car j'ai l'énergie en moi et je peux la manifester par mes mains, mes pensées, ma parole ou simplement ma présence.

Lors de conversations téléphoniques, mes interlocuteurs me disent souvent que ma voix les relaxe. C'est par téléphone que j'ai commencé ce job mais maintenant, quand ça arrive, c'est involontaire de ma part. 

Comme il est involontaire de ma part également, de ressentir les maux des autres quand ils sont en contact avec moi ou pas. Ca dépend des circonstances...

Selon la convention des droits de l'Homme, chaque individu a le droit de penser ce qu'il veut, de dire ce qu'il veut, de toucher qui il désire... donc comme l'énergie est en moi, elle servira toujours à soigner d'autres personnes. Avec ou sans ma volonté.

Ce que la France m'interdit durant 5 ans, c'est de percevoir de l'argent pour le faire. Quelle hypocrisie.

Les Français ont déjà eu ce problème il y a quelques centaines d'années car les gens comme moi, on les nommait des Hérétiques et pour s'en débarrasser, on les brûlait sur un bûcher.

Heureusement que ce n'est plus comme cela maintenant... Mais les mentalités des dirigeants français n'ont pas beaucoup évolués à ce sujet depuis le Moyen-Age. 

 

Et après la condamnation, il se passe quoi ?

Je vous l'expliquerai bientôt.

To be continued.

A suivre !

A celles et ceux qui sont dans la peine, gardez espoir car votre renaissance viendra. C'est certain. La vie est faite d'une succession de vagues. Plus vous descendez bas et plus haut vous remonterez.

Je vous remercie d'avoir lu cet extrait de ma vie et vous souhaite de vivre de merveilleux moments, inondés d'Amour et de Lumière.

Coeurdialement.

René. 

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René Dumonceau

Coach spirituel.

Canalisateur du Reiki Verseau

 

Au lieu d'attendre que les événements arrivent comme tu le souhaites, crée ton destin et tu seras heureux

René Dumoncea

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