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Publié par Rene Dumonceau

 Quand faut-il pardonner ?

Nombre de religions encouragent vivement à pardonner systématiquement à ceux qui nous ont offensés. Cependant, c’est une erreur de croire qu’il suffit de le vouloir. Le pardon ne se commande pas. Il ne peut survenir qu’à l’issue du processus de guérison de la blessure subie, et pas avant.

Se forcer à pardonner prématurément par obligation morale ou religieuse est illusoire car ce n’est pas parce que notre tête aura décidé de pardonner que nous serons à même de le faire sur le plan émotionnel. Outre cette pénible dissociation entre le mental et l’émotionnel, ce « passage en force » raté aura pour conséquence probable de nous faire porter en plus le poids de la culpabilité de ne pas avoir été capable de pardonner.

Pardonner n’amène pas à la guérison ou à la paix intérieure. C’est l’inverse. Il est donc important de souligner l’ordre des choses : d’abord la guérison, ensuite le pardon.

Lorsque nous sommes blessés émotionnellement, il y a un processus de guérison à suivre – dont la description détaillée n’est pas l’objet du présent texte-, à l’issue duquel nous reprenons notre autonomie : nous prenons conscience qu’il y a eu un moment donné une interaction entre nous et la personne qui nous a fait du tort mais qu’aujourd’hui, il est juste que chacun reprenne sa place et assume sa propre vie, que nous nous réapproprions totalement qui nous sommes.

Une fois la blessure refermée, la paix s’installe en nous et c’est à ce moment seulement que nous sommes prêts à retrouver notre liberté et notre indépendance en coupant le lien douloureux qui nous tient attachés à notre offenseur, en lui pardonnant, en le laissant aller. En grec, le mot « pardonner » signifie « laisser-aller, lâcher ». C’est donc au moment où nous sommes mûrs à lâcher-prise par rapport à ce qui s’est passé que la paix intérieure s’installe et que, juste après, le pardon vient naturellement, sans effort de volonté.

L’avantage de ce processus est qu’il s’agit d’une démarche individuelle et unilatérale, qui ne nécessite aucune participation de l’offenseur : ni ses excuses, ni ses regrets, ni sa compréhension, ni même sa présence ne sont nécessaires. C’est un pur cheminement intérieur et personnel.

Il est à noter que le pardon porte sur la personne de l’offenseur, non sur l’acte qu’il a commis. Cet acte reste inacceptable. Pardonner à l’offenseur ne minimise donc en rien la gravité de son acte. Il n’est dès lors pas incompatible de pardonner à une personne tout lui en réclamant justice (et non vengeance), par exemple en portant plainte contre elle – sans haine.

Le fait de pardonner à quelqu’un qui nous a fait du mal est généralement perçu comme un geste charitable et généreux. En réalité, c’est avant tout pour soi-même que l’on pardonne à autrui. En effet, conserver de la haine dans son cœur empoisonne de l’intérieur. La haine tire en arrière, maintient dans un passé douloureux et empêche de tourner la page. Pardonner est donc le meilleur cadeau que l’on puisse s’offrir. C’est un cadeau à soi-même, et non à l’offenseur.

Pardonner ne signifie pas non plus oublier ou occulter le passé, ce qui serait du déni et compliquerait le processus de guérison. Il s’agit de se libérer de l’emprise du passé, de ne plus lui accorder tant d’importance. Si la personne blessée ne parvient pas à lâcher le passé et reste bloquée dans son statut de victime, elle restera attachée à son offenseur et sera incapable de passer à autre chose. Ce n’est donc qu’en vivant dans le présent qu’elle sera en mesure de lâcher-prise et de pardonner le passé. En fait, en vivant dans le présent, ainsi que le dit Osho, « vous n’aurez pas à oublier et pardonner, cela aura tout simplement disparu de lui-même ».

Didier de Buisseret

Source : presenceasoi.be

Relayé par un blog de René Dumonceau

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